Madagascar

 

VELONDRAIAMANDRENY

Article
Mbolo RAMBOLOARISOA

Traduction
Raymond RAJOELISOLO

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Composé de trois mots (velona : vivant, ray : père et reny : mère) le nom « velondraiamandreny » désigne une personne ou un clan ayant des parents vivants et qui est chargée de tout ce qui concerne le roi ou la reine.

Les anciens malgaches ont toujours cru qu'avoir le père et la mère vivants est une grâce et une bénédiction particulières. Ainsi, toutes activités familiales où la bénédiction est invoquée, telles que la première coupe de cheveux d'un enfant, la circoncision…, sont confiées aux « velondraiamandreny ». Encore heureux d'avoir leurs parents vivants, appelés « masoandro amam-bolana » (soleil et lune), ils sont loués et enviés. Si dans une famille peu nombreuse, il manque une personne qui a ce profil, un orphelin appelé alors « velo-mihafy » (dépourvu de vivant) est désigné pour se charger de cette responsabilité. Le Roi ou la Reine n'ayant pas très souvent de « velondraiamandreny » parmi ses proches parents désigne dans son clan une personne pour être consacrée « velondraiamandreny » et pour diriger les cérémonies royales. Même orphelin de père et de mère, cette personne et ses descendants conservent ce privilège, le Souverain et le Premier Ministre sont considérés comme leurs père et mère.

LES DESCENDANTS D'ANDRIAMITONDRA D'ALASORA
Andriamitondra, prince originaire d'Alasora, était le chef d'un clan « velondraiamandreny ». Fils d'Andriamananitany frère du Roi d'Alasora Andriambelo, Andriamitondra est né d'une mère « hova » (roturière) et n'avait pas le droit d'hériter du royaume selon la loi de souveraineté de cette époque. Il n'a reçu comme héritage que les biens et les propriétés de son père. A la place du trône, il lui est confié ainsi qu'à ses descendants la direction des affaires qui touchent personnellement le Souverain.

En dehors du clan qui descend d'Andriamitondra, d'autres ont été désignés « velondraiamandreny » à cause du mérite ou du courage de leurs pères pendant les guerres de conquête entre les clans à Madagascar. Il y avait entre autres :
- Les descendants d'Andriampenitra de l'Ankaratra
- Les enfants d'Andriampirokana d' Antehiroka
- Les petits- enfants d'Andriamamilaza et les enfants d'Andriananto du nord-est de l'Imerina

Cependant selon le testament du Roi Andriambelo oncle d'Andriamitondra, testament confirmé par tous les Souverains malgaches, les descendants de son neveu restent toujours les chefs des « velondraiamandreny »

LA FETE DU BAIN
Les « velondraiamandreny » avaient un rôle très important dans la fête du bain royal (fetin'ny Fandroana). Chaque année, cette fête était célébrée pendant quelques jours de réjouissance au début dans toute l'Imerina et plus tard, après la réunification du Royaume malgache, dans toute la Grande Ile.
La fête du bain comprenait trois principales cérémonies : « hisafo rano » (le bain royal), « hitatao » (le repas) et « hijaka » (les sacrifices). C'était aussi une occasion de raffermir et d'entretenir les liens entres les familles qui se rendaient visite, un devoir social que personne ne pouvait négliger à moins d'être très éloignée des autres.
L'importance du rôle des « velondraiamandreny » se manifestait durant cette fête. Quinze jours avant, les « velondraiamandreny » accompagnés « d'Andriambaventy » (grands seigneurs) inaugurent les discours sur la place d'Andohalo ; dans ce discours ils présentent le programme, les règlements à respecter et les dates des cérémonies.
Les « velondraiamandreny » vont chercher dans le bassin ou dans la source consacrés au bain royal, l'eau sacré que personne, même la plus respectable ne peut plus toucher.
Durant la fête devant le peuple rassemblé dans l'enceinte du palais de Manjakamiadana, les « velondraiamandreny »  représentés par leur chef (ou son fils en cas d'empêchement) dirige avec prestance toute la cérémonie :

 

« Mitendry ilo »
L'huile utilisée pour le bain du Souverain est tirée de la graisse d'un zébu « Volavita » (ayant une tache blanche sur le front). Bouillie et raffinée, cette huile a été conservée durant une année au moins. C'est encore le « velondraiamandreny » qui avec son indexe droit, enduit de cette huile le haut de la tête du Roi. Après la bénédiction c'est le Roi lui-même qui s'enduit et enduit son fils.

Le bain royal
C'est toujours les « velondraiamandreny »  qui apportent dans le palais la grande marmite de terre et son couvercle façonnés par Ralesa, sœur d'Andrianampoinimerina, la cruche en calebasse, le couteau « maitso vava » (lame verte), la corne qui contient l'eau sacrée, le miel  « velondreny » (d'une ruche dont le reine est vivante), le lait, l'assiette et la cuillère en or, la grande bassine et le « tatao » (riz cuit avec uniquement du lait trait le matin même).

Le dernier devoir des « velondraiamandreny » pendant la fête du bain royal est le sacrifice du zébu avant lequel aucun animal ne peut être tué ce jour là.
Tôt le matin, les « velondraiamandreny » arrivent au Palais avec des grandes feuilles de bananier. Vers 7 heures du matin, ils font sortir les animaux du sacrifice : Le zébu « volavita », la chèvre « malaza » et les « maro madinika » (petits animaux). Vers 9 heures, le Roi sort du palais et s'installe dans la cours ouest. Les animaux sont conduits près du « vatomasina » (pierre du sacrifice). Les « velondraiamandreny » viennent avec le couteau « maitso vava », la hache, la corde et les feuilles de bananier. Après avoir salué le Roi, ils égorgent le zébu du sacrifice, coupent le sommet de la bosse et apportent la viande au Roi qui la lèche. Les autres animaux sont sacrifiés après le zébu « volavita ».Toute cette cérémonie se termine vers midi.

Tels sont les rôles importants des « velondraiamandreny », une responsabilité bien honorée et respectée, accomplie conformément à la tradition dès son origine.