> Le spectacle > voir par ailleurs Les danseurs
L'histoire
Le titre du spectacle est « REACTION ».
C'est une histoire qui se passe dans la tête de quelqu'un, en pensées, sans préciser si c'est un homme ou une femme.
Cette personne a un problème, et son cerveau travaille, cogite sur ce qu'elle est, ce qu'elle doit faire : « vais-je écouter les conseils qu'on me donne ou vais-je agir de moi-même, choisir ma propre voie, selon ma personnalité ? »
La première partie du spectacle met en scène ces flots de paroles, tous les conseils qu'elle reçoit et qui se mélangent dans sa tête sans qu'elle puisse décider de ce qu'elle va en faire.
Dans la deuxième partie, elle écoute sa propre voix et réalise que c'est la liberté de choisir qui est la plus importante. Je peux prendre conseil tout en gardant mes propres idées ; l'action issue de ce compromis est le choix d'un être sage et instruit.
L'inspiration
L'écriture vient avant tout de ce qui fait de moi un malgache.
Avec Up the Rap, nous avions déjà commencé à mixer le Hip Hop et la culture malgache. Avec la Compagnie ADDAMS , je garde la même philosophie mais je l'enrichis avec des apports personnels que j'ai acquis lors de stages de danse contemporaine que j'ai eu l'occasion de faire avec de grands chorégraphes malgaches et étrangers.
Grâce à ce que j'ai appris des autres, j'ai pu prendre un chemin différent et créer mon propre langage. J'ai choisi d'ouvrir le Hip Hop « traditionnel » aux influences d'autres styles issus des provinces ou d'autres pays. Du moment que ça vient de moi qui suis malgache, je pense pouvoir dire que c'est une création « vita malagasy ».
La musique et les costumes
Ce sont deux choses complémentaires. Mais le choix vient d'abord de moi, de mon inspiration, de ma danse. Puis la musique suit. Les costumes viennent compléter l'ensemble, selon le type de mouvements que l'on fait. Par exemple, si tout est en ondulations, il vaut mieux être torse nu car des vêtements amples ne mettraient pas les mouvements en valeur. La lumière habille le tout.
Daddy, chorégraphe, danseur, costumier, choisit aussi la musique et s'occupe de la lumière. C'est beaucoup pour un seul homme…
Oui, je fais tout, mais ce n'est pas par choix. C'est la situation à Madagascar qui le veut. Parce que jusque-là, je ne pense pas qu'il y ait de véritable technicien lumière ici par exemple. Comme j'ai un peu d'expérience dans le domaine, j'essaie de le montrer.
Pour les costumes, nous y réfléchissions et décidons tous les 7.
Bien évidemment, nous dansons d'abord sur de la musique malgache. Pour ce spectacle, elle est de Miary Lepiera et Tiana Rainitelo - percussionniste - pour la première partie, en live.
Je choisis le reste à partir de répertoires existants, pourvu que le rythme soit adapté au nôtre, parce qu'on n'a pas le temps de créer une musique particulière.
L'APRES SPECTACLE
Les projets de la Compagnie ADDAMS
En fait, la Compagnie ADDAMS ne veut pas s'arrêter uniquement à la danse. Nous souhaitons aussi faire de l'évènementiel.
Pour cette année, on voudrait d'abord faire une tournée dans les provinces en commençant par Toamasina, Fianarantsoa, Ambatondrazaka et Mahajanga. Nous y présenterions cette nouvelle création, mais on y organiserait aussi des concours et des ateliers. Nous travaillons actuellement sur ce projet, et vue notre motivation, il n'y a pas de raison pour que cela ne se réalise pas !
Notre objectif est de faire connaître au maximum « REACTION », de viser plus haut à travers une tournée nationale … et pourquoi pas, si Dieu le veut, une tournée internationale.
Pour les années à venir, notre plus grand projet est la création d'un centre pour former les jeunes en général, mais ceux des 67Ha en priorité. Parce qu'on voit ce que les jeunes de ce quartier deviennent quand ils n'ont rien à faire : ils se mettent à fumer, boire, se droguer, voler… Pour qu'ils ne prennent pas la mauvaise pente, on aimerait leur offrir d'autres occupations.
Le centre comprendrait un terrain de basket, une petite salle de spectacle et des salles où on proposerait des ateliers de peinture ou d'architecture... Tout ce qui concerne les domaines du Sport, de l'Art et de la Culture en général.
En plus, parmi nous, il y a des étudiants en Médiation culturelle, en bâtiment… Alors si on réussit à réunir les fonds nécessaires, nous pourrions construire nous-mêmes le centre et nous en occuper.
Tout ça n'est encore qu'un rêve, mais tout commence par là non ?
Les projets de Daddy
Comme tu le sais, je suis en train de réaliser des projets en Tanzanie. Et comme là-bas aussi, les jeunes aiment le Hip Hop, ma première intention est de faire en sorte que la Compagnie ADDAMS puisse venir avec moi là-bas.
Après, mon plus grand projet, c'est celui du centre avec les autres membres de la compagnie.
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L'entraînement était dur et intense, mais tous les efforts fournis en valaient la chandelle, car la Compagnie ADDAMS nous a offert un spectacle éblouissant ! Comme l'avait annoncé Daddy, le style était différent : un Hip Hop incluant toutes les techniques mais aussi la House , la danse contemporaine, l'acrobatie et même un rien de théâtre.
Une oeuvre dynamique et puissante, pleine d'émotions et très physique, mais dansée avec tellement de légèreté sur une musique envoûtante… Une mise en scène brillante de l'histoire annoncée.
Un spectacle dont on sort repu, une prestation saluée par le public par des bravos et un « standing ovation ».
RECIT DU SPECTACLE
D'abord le silence.
Des ombres qui se meuvent sur le tempo d'une musique intérieure, des corps qui apparaissent dans la pénombre.
Puis le murmure d'une crécelle, un puits de lumière, le rythme qui s'accélère.
Qui suis-je ?
Un ballet noir au ras du sol.
Rapides et légers, les corps s'agitent, tourbillonnent, rebondissent sans arrêt, atterrissent pour repartir aussitôt et envahissent l'espace.
Qui dois-je écouter ?
Mes pensées prennent forme.
Liés par une bande de tissu, chaque corps a besoin de l'autre : l'un se détache, l'autre le retient ; l'un s'en va, l'autre le ramène. L'étoffe se roule et se déroule, s'étire et enveloppe pour finalement tisser une toile dans laquelle je me laisse prendre pour m'isoler.
Je dois choisir ma voie.
Puis dans une ambiance bleue où se confondent la mer et le ciel, je prends mon envol. Des cœurs battent. Mus par une musique envoûtante, gestes lents et ondulations m'emportent vers ma liberté.
La lumière est là, éclatante, et avec elle la vie.
Joie et allégresse animent les danseurs dans la chorégraphie pétillante d'une danse debout.
Enfin, je me retrouve. |
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