l'aire de combat divisé en deux parties distinctes
face à face pour l'évaluation des futurs combattants
le combat peut commencer ...
il durera jusqu'à deux heures
le point d'attaque se situe au niveau de la tête
d'où parfois la perte d'un oeil en cours de combat
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| Ce « jeu » que les malgaches ont hérité de l'île voisine, l'île de la Réunion, se pratique dans le pays depuis le milieu du 19ème siècle.
Pratiqué en premier par les nobles de la royauté du Haut Plateau sur la cour du Palais du Premier Ministre à Andafiavaratra. Il passionna le « printsy » (prince) de l'époque qui fit le voyage jusqu'en Angleterre pour rapporter les races de coq réputées pour le jeu. Des races de coq qui proviennent de l'île de la Réunion , furent ensuite amenées jusqu'à l'île Maurice avant d'atterrir en Angleterre. Arrivés à Madagascar en 1896, des noms tels que « mavolava », « kalahantitra », « kalamena », kalasarobidy », « kalavatokely » … ont été donnés à ces coqs avant de les envoyer dans les environs de la capitale d'Antananarivo.
Le terrain d'« Ambilanibe » qui se trouve au centre de la capitale à Anosibe-Andavamamba, encore bien connu des adeptes du combat de coqs, a été ainsi aménagé spécialement pour le jeu. Un terrain où même les autorités de l'époque y avaient leurs places réservées. Les représentations avaient plutôt un aspect de distraction et de spectacle pour le public à cette époque là.
Sous la colonisation, l'existence d'une société protectrice des animaux à Antananarivo a ramené à la clandestinité la pratique de cette « distraction ». Pratiqué dans les ruelles ou près des caniveaux … le combat y prend plus son aspect de « jeu d'argent ». Mais rien de tout cela n'a jamais pu mettre fin à la persévérance des passionnés. Aujourd'hui, suite à plusieurs demandes auprès de l'autorité, le combat de coqs est reconnu comme étant un jeu de distraction pour tout public et peut être pratiqué en tant que tel.
Plusieurs races de coq de combat existent encore aujourd'hui à Madagascar ; telles que « kalamena » ou « taralily » …. ou « bingale » qui déportée récemment de la Réunion serait une race bien réputée. Les adeptes les reconnaissent facilement grâce à leur allure, la couleur de leurs yeux et de leurs pattes.
Selon ces adeptes, l'endurance au combat doit être le point fort de ces coqs. Chacun prend soin et nourrit son coq à sa manière. Ces coqs sont soignés et entraînés pour les rendre plus combatifs : incitation belliqueuse, petites courses, des petits massages avec une éponge mouillée pour leurs muscles. Les coqs doivent passer un ou deux tests avant de combattre sur le terrain.
Le combat de coqs est pratiqué partout dans les petits quartiers de la ville, néanmoins des terrains situés à Antsofinondry, ou à Ambatoroka, sont plus connus pour la grande pratique du « jeu ».
Des règles sont à respecter une fois sur le « ring » : les deux coqs choisis pour combattre sont assistés chacun par son jockey (le manager) durant le combat, sous la vigilance de l'arbitre dans un terrain de 5 à 6 m2 avec au centre 1 petit encart de 1m2 qui ne doit être franchit plus de 30secondes par les jockeys. Ces jockeys, sans intervenir peuvent projeter de l'eau sur les pattes de leur coq pour les rafraîchir à chaque fois que ces derniers sont uniquement au repos. Autrement, ils reçoivent un avertissement. Si par contre, l'œil du coq se fait percer durant le combat, le jockey a le droit de lui verser des gouttes d'eau sur sa tête même en plein combat. Le jockey a le droit de prendre le coq et de s'en occuper sans dépasser 1 minute si celui-ci franchit la « touche » limite du terrain. Le combat est à égalité si au bout de deux heures aucun des deux coqs n'est vaincu. Le coq est considéré battu si le jockey reçoit plus de deux avertissements, ou si le coq perd ses deux yeux, ou ne se relève plus au bout de sa troisième chute. Lorsque le coq tombe à terre, l'arbitre attend 1 minute qu'il se relève, s'il ne le fait pas, il demande au jockey de s'en occuper pour le relever. Il arrive que le coq meure au combat.
Les coqs peuvent remonter sur terrain pour combattre à nouveau au bout de deux à trois semaines après s'être rétablis de ses blessures. Cela dit, il y a des saisons favorables pour le combat, c'est la saison sèche où le coq a toutes ses plumes, car il faut savoir que pendant la saison de pluie, li perd ses plumes et est plus vulnérable, sauf pour les « coqs vatodahany » (jeunes coqs de moins de 1 an). Un bon coq de combat peut combattre jusqu'à 10 fois durant une saison et peut être réengagé pour 2 à 3 luttes à la suite sur le terrain.
C'est beaucoup plus qu'un simple divertissement pour les adeptes car prendre soin de ces coqs n'est pas un passe temps, beaucoup parle de passion. Le pari reste quand même un enjeu important de ce « jeu » et avec les moyens, nombreux sont ceux qui engagent même des éleveurs pour le soin et le dressage de leurs coqs.
Pourtant les simples pratiquants avouent ne pas en tirer beaucoup de gain de l'enjeu qui leur rapporterait bien peu. Un simple pari d'une mise de 600 000 Ariary pour un groupe de 5 à 6 petits éleveurs qu'ils vont se départager ferait bénéficier à chacun seulement 15% de bénéfice, soit 90 000 Ariary si le coq gagne. Une mise pourtant qui ne se fera en moyenne qu'une fois par mois, le temps que le coq reprenne ses forces. Mais les gros parieurs avec des mises surprenantes existent dans ce milieu car pour un grand tournois sur les grands terrains comme à Antsofinondry, l'enjeu pourrait atteindre, parait-il, plusieurs dizaines de millions d'Ariary pour un combat.
Ce « jeu d'argent » attire beaucoup plus d'adepte qu'on ne l'imagine. Ainsi, sans trop se dévoiler, de nombreuses personnes faisant parti de la haute société le pratique avec ferveur.
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