Après le succès du spectacle West Side Story produit en mai dernier, et tandis que les ateliers de danse de juillet au K'art viennent de s'achever, nous consacrons ce dossier aux réalisations de Mialy.
Nous l'avons rencontré dans une ambiance décontractée - voire de confidence -, pour parler de son « bébé », et un peu de ses rêves.
On le connaît ou on a entendu parler de lui ; on sait qu'il est chorégraphe professionnel, qu'il a fait sa formation avec les grands noms de la danse à l'extérieur, on a eu la chance de voir certains de ses spectacles, mais dans le fond, que sait-on de lui ?
Pourquoi il est rentré au pays, ce qu'il y fait, pourquoi un silence de plusieurs années avant de le revoir sur scène… et surtout, ce que représente pour lui l'académie de danse « K'art » qu'il a mis près de 10 ans à mettre en place.
Sensible et généreux, amoureux de la danse, il vit sa passion, depuis la création de son académie de danse jusqu'à l'histoire de son dernier spectacle West Side Story.
Etre artiste et devenir sa propre structure, être profondément malgache, tirer des leçons de ses expériences, être passionné par ce que l'on fait et ne jamais lâcher, plus qu'une interview, Mialy nous donne une leçon de vie.
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| L'Académie de danse K'art
Tout d'abord, qu'est-ce qu'une académie ?
La fonction première d'une académie est de donner un enseignement. Mais dans le sens littéral du terme, c'est surtout un lieu qui regroupe des artistes et où l'on pratique un Art. Dans notre cas, c'est bien évidemment la danse, mais aussi la musique.
Dans un sens plus large, pour moi, une académie peut sortir des danseurs professionnels, des chorégraphes, des professeurs…, des génies !
L'histoire de K'art
Comment est née l'idée de monter une école de danse ?
C'est un projet qui a longuement mûri puisque j'y pensais depuis 1989.
Depuis que je suis parti de Madagascar, quand j'étais adolescent, je voulais revenir vivre au pays. Quand je suis rentré en 1989, en voyant tout le talent qu'ont les malgaches, j'ai eu envie de partager ce que je savais faire.
Comme j'ai énormément appris à l'extérieur, je voulais transmettre mes acquis à mes compatriotes. Et pour ça, monter une école était la meilleure façon d'y arriver.
Quelles difficultés as-tu rencontrées lors de la réalisation de ton projet ?
Ca a été très difficile ! Surtout côté administratif. Mais il y avait aussi le problème du lieu, le manque d'information, et l'incertitude au départ de pouvoir vivre de cette activité.
Quand tu arrives d'un pays assez structuré où tu peux obtenir des aides de l'état, des subventions, des assedics pour les artistes… la différence est flagrante. Ici, tu dois te battre et être opiniâtre pour que ton projet voie le jour de façon légale et dans le respect des normes.
Ensuite, il a fallu chercher un lieu. J'ai eu cette chance énorme d'avoir trouvé cette salle, à Antanimena. Je connaissais l'endroit parce que j'avais eu l'occasion d'y répéter. C'est un bâtiment qui devait être détruit à l'époque. Finalement, il a été gardé, et quelques années plus tard on me l'a proposé. J'ai accepté, et c'est ainsi que l'aventure a commencé !
Mais ça s'est fait petit à petit, parce qu'il y avait aussi le doute sur la manière dont j'allais vivre à Madagascar en tant qu'artiste. Il a fallu plusieurs aller-retour, et surtout beaucoup de force et de motivation.
Comment le premier cours s'est-il passé ?
Nous avions tous le trac !
Nous avions fait une porte ouverte à l'occasion de l'ouverture de l'académie. C'était le 05 mai 2004. Notre grande crainte était de faire salle vide ! C'est vrai que connaissant mon parcours, je pouvais être confiant, me dire que ça allait marcher.
En même temps, je ne pouvais pas m'empêcher de douter. C'était tellement nouveau…
Pour essayer de me détendre et d'oublier le trac, j'essayais de me concentrer sur le cours que j'allais donner et ce que j'allais montrer…
Et puis les gens sont arrivés, petit à petit, et finalement, c'était plein ! C'était magique ! Je n'en croyais pas mes yeux !
Mais la porte ouverte, c'est une chose, après il y a les inscriptions. Parce que la première fois, les gens peuvent venir par curiosité, mais ils ne s'inscrivent pas forcément. En fait, il y en a eu beaucoup également. Et une fois de plus, c'était la surprise.
Je peux dire que c'était le succès dès l'ouverture.
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