Madagascar

 

MORONDAVA

 

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Silhouettes de géants   Photo PYB

C'est vers 1860 que se serait esquissée la toute première coopération franco-malgache en matière de construction navale et de commerce par mer. Il revint à un charpentier breton et à ses trois fils d'introduire la goëlette sur la Côte Ouest de Madagascar et elle y est toujours, avec pour autre date charnière 1913 qui vit l'ouverture d'un atelier de charpenterie navale à Morondava. Avec le boutre d'origine indo-arabe - la Mer Rouge de Monfreid n'est pas si loin ! - elle est devenue un héritage transmis de génération en génération chez les Vezo dont les matériaux utilisés sont les bois durs de "nato" et de "tanin'akanga". Spectacle insolite que celui, à marée basse, de boutres amarrés à un miquet se coucher lentement sur le flanc comme pour une sieste méritée. Pour peu on s'attendrait à les entendre ronronner...

Betania, un petit village de pêcheurs au sud de Morondava. Laissons les longues distances à ces nefs garantissant l'ivresse de l'aventure plutôt qu'un confort dont bien peu se soucient, pour revenir à l'immuable pirogue à balancier. La vie reprend ici son cours dès le lever du soleil, quand les "hommes de la mer" font glisser leurs esquifs sur le sable avant de hisser les mâts. Les techniques de pêche sont restées les mêmes avec le filet, la traîne, et le trident. Ferrer un thon ou un espadon n'est pas toujours une mince affaire, obligeant parfois le pêcheur à s'attacher son fil de nylon à la taille ! Les retours en fin d'après-midi sont un moment de vie très coloré avec les ribambelles d'enfants, les collecteurs, les épouses dont beaucoup portent leur masque de beauté couleur ocre. Il reviendra aux femmes de faire la tournée des restaurants et des marchés de la ville.

Morondava et cette région du Menabe entre Mangoky et Manambolo ne sont pas "que" la mer quand bien même cette dernière en serait la main nourricière. C'est ici que les Maroseranana implantèrent l'un des deux grands royaumes sakalava, dont les reliques des souverains sont religieusement gardées dans leur sanctuaire à Belo sur Tsiribihina. A l'ouverture de chaque Fitampoha, elles sont transportées par des officiants en pagne et bandeau rouge à Ampasy où elles resteront une semaine dans un "rivotse" de toile blanche. La lune sera alors pleine et le soleil mourant rouge, comme pour ajouter une touche d'irréel au lancinant enchaînement de chants, de danses, de luttes traditionnelles. Lors du bain des Reliques Sacrées, moment fort de la cérémonie, il est interdit de se chausser ou de traverser la rivière Tsiribihina, en plus d'autres "Fomba" ou rituels sur lesquels veille un protocole pointilleux.
Avec leur air de géants tombés sur la tête, on les surnomme les "racines du ciel". Les baobabs ont aussi retenu la terre de Morondava pour planter leurs vraies racines, du petit Adansonia Fony de seulement 5 mètres à l'Adansonia Grandidieri culminant à 30 ou 40 mètres sur l'Allée des Baobabs. Les feuilles et les fruits se consomment bouillis et permettent de fabriquer de l'huile. L'écorce sert à confectionner des cordes, la sève rentre dans la préparation du papier. On connaît moins l'autre vertu du baobab : à 12 km de Morondava, l'un d'eux âgé d'au moins 1000 ans est tombé il y a quelques années. Un vieillard du village l'affirme, l'arbre n'existe plus mais l'âme des ancêtres qui l'habitait est toujours là...

Bekopaka enfin à 210 km est un passage obligé sur la route des Tsingy de Bemaraha. Singuliers face-à-face entre les habitations en feuillages et les va-et-vient des 4x4, le café chaud des gargotes et la température ambiante, les soucis quotidiens des villageois et ceux des touristes établissant leurs plans... Les Tsingy figurent parmi les sites les plus spectaculaires de Madagascar. Les effets de cette même érosion qui les a ciselés étant inéluctables, ils auront perdu leur majesté, jusqu'à disparaître complètement, d'ici quelques autres millions d'années restabt à définir.
A visiter sans tarder !

MORONDAVA
It is a Breton carpenter and his three sons who introduced the schooner to the Malagasy west coast in the 19th century. It is still there, with the dhow of Indo-Arabic origin, reminding that the Red Sea is not far away. Such craft criss-cross along this coastline and are very helpful in opening up isolated villages.

Betania, a small fishermen's village to the south of Morondava. On board their pirogues with balancing poles, the technique of these sailors has not changed and they fish with nets, dragnets and tridents. Their return ashore from fishing is a colourful moment of life with swarms of children, collectors, women with their ochre beauty mask on.

Here is the place where the Maroseranana set up the Sakalava kingdom of the Menabe. The royal relics bathing ceremony, the famous Fitampoha, traditionally takes place at Ampasy and follows an unchanging ritual. The region of Morondava is also where we can find all the varieties of baobab, from the smallest which is not over 5 meters high to the over 30 meters high Adansonia Grandidieri which are lining the Baobab Alley.

Bekopaka at last, 210 km frm Morondava, a place you must pass by on the road to the Tsingy of Bemaraha which are one of the most spectacular spots of Madagascar. Erosion chiselled the Tsingy, but it also condemns them to disappear within a few million years ! So go and visit them now !

 


La mer et l'enfant    Photo PYB


Les Tsingy de Bemaraha    Photo PYB


Le marché de la ville    Photo PYB


Fête au village    Photo PYB